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Musique




Interview

Rock Mag n°29 | Mai 2003

Bienvenue dans la matrice.

Débarqué en trombe le 7 avril, le 3e album de Watcha se prépare à conquérir le territoire français, et plus si affinités. Bob, le chanteur et spécialiste du groupe parisien question relations médias, se prête volontiers au jeu des interviews, avec sourire et détente.

ROCK MAG : Votre opus s’intitule Mutant. Pourquoi ?

Bob (chant) : Premièrement, cela concerne le groupe. Entre les deux premiers albums et celui-ci, il y a un gouffre. Nous avons beaucoup travaillé et donc, je l’espère, progressé. Ensuite, cela va avec notre perception des personnes en général. Il y a tout un processus d’évolution des mœurs, des us et coutumes, de notre relation par rapport à la science et aux technologies qui s’est effectuée à une vitesse impressionnante. On te parle de clonage, de robotisation… Alors que tu as déjà lu tout ça quand tu étais môme dans les bouquins de S.F. Tu n’es même plus surpris. On ne se rend même plus compte que nous sommes un peu des mutants quelque part.

Le cinéma aussi aborde beaucoup ce sujet.

Nos références se situent surtout dans le 7è art. Pour cet album, c’est Matrix qui nous a influencés. Tout le monde est enfermé dans sa bulle et se contente d’effectuer la tâche pour laquelle il a été programmé. La mutation est partout et on ne la voit pas. Et puis, on fait un peu une musique d’aliens. On reconnaît notre griffe, mais on voulait évoluer.

Le morceau I.A. a donc un rapport avec le film en question ?

Il a un rapport avec le cinéma. Mais c’est toujours avec Matrix et non avec le film de Spielberg. (...) Mais nous avons volontairement joué avec le titre du film de Spielberg, il faut le reconnaître.

Il y a un gros travail effectué sur les voix pour cet album…

Ouais ! J’adore tout ce qui est harmonies vocales, les voix chez Fishbone, ça me rendait dingue !

Certains m’ont dit qu’il y avait un côté Marco Prince (chanteur de FFF) dans la voix…

Non, je ne trouve pas. J’ai été beaucoup plus influencé par ce qui était soul et gospel, toutes ces voix placées à la tierce ou à la quinte… C’est ce qui manque un peu dans le métal et le rock. Ce côté soul qui groove. On est très musique black.

D’où le choix de la reprise, And The Beat Goes On ?

Par exemple. C’est un peu ma faute. J’ai toujours écouté ce qui était funky sur la fin des années 70 et le début des années 80, Les Whispers, Kool & The Gang, S.O.S Band, Shalamar… Et puis on s’est dit qu’une reprise d’un de ces titres en métal serait vraiment un truc énorme. Je ne vois pas l’intérêt de reprendre un titre de rock quand on fait déjà ce type de musique. Autant s’amuser à proposer un nouvel angle de vue sur un morceau ancré dans un style différent. (...)